
Et si on se donnait le devoir de rebâtir de la confiance pour 2026?
Dans cette chronique, Mathieu Lavallée nous rappelle que, face à l’instabilité croissante, il ne sert à rien d'anticiper 2026 sous l'angle de prédictions. Il suggère plutôt de nous fixer une priorité collective : rebâtir la confiance. Une confiance qui est essentielle pour nos institutions, nos organisations et nos relations humaines, dans un monde où tout s’accélère.
Tout le monde y va de ses prédictions ou prend ses résolutions, dans un monde qui devient de plus en plus instable à chaque jour (et ce n’est pas une figure de style).
Dans l’état des choses, j’ai plutôt le sentiment que nous avons d’abord besoin de nous donner un devoir collectif. À quoi bon prédire de quoi sera fait 2026, ou ce que nous voulons améliorer pour nous-mêmes ou les autres? Pourquoi ne pas plutôt affirmer haut et fort ce que 2026 doit être. Ce qu’il faut accomplir. Ce sur quoi nous devons travailler, coûte que coûte.
Pour moi, cette vision est claire. Si on doit se donner une seule priorité tous ensemble, c’est la confiance.
Cette affirmation, je pourrais la faire peu importe mon statut. Citoyen, père, professionnel en relations publiques (RP), propriétaire d’entreprise… On peut tous la reprendre à notre compte et y apporter un élément. Ça semble tout de même étrange à mettre de l’avant, puisque la liste des autres priorités est déjà bien longue.
L’instabilité géopolitique appelle davantage un besoin d’adaptabilité, de renforcer nos propres capacités, notre autonomie, notre souveraineté*. Les changements climatiques exigent une forme de sobriété et des ajustements importants à nos comportements. Le contexte économique et technologique requiert plus d’innovation et de résilience que jamais. Le contexte social devrait, quant à lui, nous amener à plus de solidarité.
Les professionnels en RP doivent s’adapter à des mouvements qui s’accélèrent sans cesse et se démarquer dans un bruit de plus en plus assourdissant. Et, dans un tel tourbillon, les parents doivent continuer de créer un milieu où leurs enfants peuvent développer leur confiance en eux-mêmes et apprendre à faire confiance aux autres.
La liste des maux est longue et les priorités qui en découlent sont multiples. Pourtant, une constante s’impose : la confiance demeure la véritable clé de voûte.
On peut bien remettre en question l’ordre mondial ou affaiblir les institutions qui ont défini la scène internationale après la Deuxième Guerre mondiale, en 1945. Parmi les monnaies d’échange politiques qui sont pacifiques, la confiance que les États s’accorderont entre eux et qu’ils choisiront de respecter vaudra son pesant d’or.
Nos leaders politiques et économiques doivent poser des gestes forts et prendre les décisions nécessaires pour mériter notre confiance, notamment dans la lutte aux changements climatiques. En agissant ainsi, ces leaders peuvent aussi contribuer à rebâtir la confiance du public envers nos institutions, qui a déjà été passablement érodée depuis plusieurs années.
Les avancées technologiques liées à l’intelligence artificielle offrent un potentiel immense pour nos organisations, mais elles exigent aussi une transparence accrue sur nos méthodes et nos pratiques afin de préserver les liens de confiance essentiels. Pour surmonter nos crises sociales, il faut garder confiance et continuer de croire qu’en redonnant au suivant, on se redonne à soi-même, que le bénéfice est collectif.
Quant à eux, les professionnels des relations publiques doivent résister au bruit, à l’accélération et à l’appel de l’incessante « nouvelle tendance ». Continuer de se concentrer sur l’essentiel : bâtir des liens de confiance. Oui, la liste des priorités de 2026 est longue. Mais c’est d’abord en travaillant ensemble sur la confiance qu’on s’accorde les uns les autres qu’on pourra l’affronter.
*Je parle de souveraineté ici… Vous aurez compris que mon angle n’est pas en lien avec le débat sur la souveraineté du Québec, mais bien face aux nombreuses instabilités internationales.